Les mauvaises gens

Posté le 27.01.2013

Encore une BD documentaire d'Etienne Davodeau, j'ai chopé le virus! Il s'agit ici d'une histoire du militantisme syndical des années 50 jusqu'à l'élection de François Mitterrand, comme toujours vue à travers le prisme d'une situation précise, en l'occurrence un couple de militants qui ne sont autres que les parents de Davodeau.

On suit leur cheminement, depuis leur enfance, fortement ancrée dans le catholicisme prégnant de la Vendée. L'aventure syndicale, inconnue dans cette région de traditions (y compris la soumission au patronat), commence pour eux avec le mouvement des Jeunesses Ouvrières Catholiques, guidés par les fameux prêtres-ouvriers, qui seront violemment remis dans le droit chemin par le Vatican (on ne fricote pas avec les communistes!). Si les premières revendications portent sur des petites améliorations des conditions de travail, elles n'en sont pas moins significatives en ce qu'elles représentent la première opposition aux patrons. Elles forgeront les compétences des syndicalistes pour les luttes plus importantes à venir, notamment quand surviendront les premières délocalisations (déjà!). Le livre se termine par le grand soir, l'élection de François Mitterrand, porteuse de tant d'espoirs, si cruellement déçus par la suite.

Comme d'habitude, avec Davodeau, le propos est précis, instructif, empreint de sensibilité et accompagné de dessins qui collent parfaitement. Les mauvaises gens n'est pas sans rappeler, par son thème, Un homme est mort, mais il est plus intime du fait de sa portée autobiographique. J'ai vraiment bien aimé cette BD, qui m'a instruit et touché. Je ne connais Davodeau que par quelques-unes de ses oeuvres, mais je n'ai aucun doute que c'est un type bien. Si vous n'avez encore rien lu de lui, comblez vite cette lacune!