Le sommet des dieux, de Jiro Taniguchi

Posté le 23.08.2010

Le sommet des dieux est un manga monumental comme savent si bien le faire les Japonais: 5 tomes de quelque 300 pages chacun. L'histoire commence avec un flash-back sur la seconde expédition britannique tentant d'escalader l'Everest. Cela se passait en 1924. Les deux hommes choisis pour aller jusqu'au sommet furent George Mallory et Andrew Irvine. Ils ne sont jamais revenus et personne ne sait s'ils ont disparu avant ou après avoir atteint le sommet. Il semblerait que cela reste un des grands mystères de l'histoire de l'alpinisme. L'histoire tourne autour de la découverte de ce qui semble être l'appareil photo de Mallory. Si c'est bien le sien, si la pellicule y est encore, si elle est en bon état, peut-être y trouvera-t-on une photo de Mallory au sommet. Beaucoup d'hypothèses, mais qui excitent bien des convoitises, car il y a de l'argent à se faire avec un tel scoop.

Ce manga est tiré du roman éponyme d'un certain Yumemakura Baku. Il faut savoir que le roman a été écrit avant la découverte du corps de Mallory (1999), ce qui laissait donc encore de la place à la fiction. Cette découverte n'a pas éclairci le mystère pour autant.

Le héros de l'histoire est un journaliste japonais, qui entend parler de l'appareil photo et essaye de mettre la main dessus, ce qui le mènera à travers de nombreuses péripéties. Il se trouve notamment amené à suivre un alpiniste chevronné, mais reclus, celui qui a trouvé l'appareil à l'origine. Il y a de nombreux flash-backs et d'encore plus nombreuses ascensions de montagnes. Je ne suis pas spécialement fasciné par l'alpinisme et je n'aurais sans doute pas lu ce manga s'il n'avait été signé par Jiro Taniguchi, dont j'avais beaucoup apprécié Quartier lointain. Qui plus est, la masse-même de ce manga me décourageait un peu. Après avoir pas mal procrastiné, j'ai commencé à le lire et je me suis retrouvé scotché. L'histoire est fascinante, les personnages sont attachants et le dessin est absolument superbe, surtout les paysages de montagne.

En elles-mêmes un petit sommet (toutes proportions gardées), ces 1'500 pages valent largement la peine d'être gravies.