La ligne de front, de Larcenet

Posté le 30.01.2010

Cette BD s'inscrit dans la même série que Le fléau de Dieu, dont je vous ai parlé récemment. On est toujours dans le thème guerrier, mais on change radicalement de registre, pour se retrouver dans la Première Guerre Mondiale. Les dirigeants français s'inquiètent: les soldats ne semblent pas très enthousiastes pour aller à la guerre, malgré la fierté évidente qu'ils devraient ressentir à se battre pour la patrie. Les Allemands progressent, les Français désertent.

L'état-major décide donc d'en savoir plus sur ce qu'il se passe sur le front, pour tenter de comprendre ce désintérêt pour la chose martiale. Evidemment, pas question qu'ils y aillent eux-mêmes. Ils décident donc d'envoyer un agent, quelqu'un qui pourrait appréhender et reproduire ce qu'il verra là-bas. Ils font appel à Van Gogh (non, il n'est pas mort, on vous a menti). Comme on ne lui fait pas tellement confiance, il sera accompagné par un général, qui se réjouit d'ailleurs fort peu de monter au front.

La ligne de front est nettement plus convaincant que Le fléau de Dieu. Le ton comique est moins présent, ce qui n'est pas surprenant vu le sujet. Il n'y a rien non plus de vraiment philosophique. C'est juste une histoire tragique et sensible de l'horreur qu'ont pu vivre les poilus dans les tranchées, avec jusque ce qu'il faut d'humour et de poésie pour qu'on ne se tire pas une balle dans la tête après avoir lu l'album. J'ai beaucoup aimé cette bande dessinée, mais elle a tendance à me hanter depuis. Soyez prévenus, ce n'est pas joyeux.