L'Incal

Posté le 22.12.2013

J'avais lu une première fois L'Incal il y a au moins vingts ans. Je me souviens que ça m'avait laissé froid. J'ai retenté le coup, pour voir ce que cela pouvait donner après un certain parcours de vie, vu le côté mystique de la BD. Mon opinion n'a pas beaucoup changé.

Pour ceux qui vivraient dans un goulag sibérien depuis la dernière guerre mondiale, L'Incal est une bande dessinée de Moebius et Jodorowsky, considérée comme un monument aussi bien de la BD que de la SF. On pourra la résumer comme une lutte entre la vie et le néant, la victoire de la vie par l'illumination d'un groupe d'individus, pour la plupart pas spécialement destinés à cela de prime abord. Ces prémisses ne sont d'ailleurs pas sans rappeler Les Guerriers du Silence, de Pierre Bordage, le traitement étant toutefois plus épique.

Mais il n'y a rien à faire, je ne croche pas. Tout d'abord, je n'aime pas le dessin de Moebius, ce qui part mal. Ensuite, je trouve le scénario poussif: chaque fois que les héros franchissent une étape, un problème encore plus important s'offre à eux. Certes, c'est le principe de base de la quête, mais il devient lassant quand on en abuse. De plus, il y a trop de mélanges à mon goût. Grande aventure et ésotérisme, humour et sérieux, la mayonnaise ne prend pas. Pour finir, cette BD brasse des images et fantasmes d'une certaine époque, qui ont mal vieilli.

Au risque de froisser les fans, L'Incal n'est vraiment pas ma tasse thé. Dans le genre, je préfère largement Les Guerriers du Silence qui ressemblent beaucoup moins à un trip mystique sous acide.