Gaza 1956

Posté le 17.07.2012

L'histoire de cette bande dessinée documentaire commence quand on demande à Joe Sacco d'accompagner un journaliste pour faire un reportage sur la Bande de Gaza, pour l'illustrer. Parmi les éléments qu'ils remontent pour l'article, un massacre perpétré par l'armée israélienne qui aurait eu lieu en novembre 1956, auquel de nombreux Palestiniens se réfèrent quand ils évoquent leur colère contre l'occupant.

Cet épisode sera sucré dans l'article final. Sacco décidé d'y consacrer un ouvrage entier. Il fait plusieurs voyages sur place, pour recueillir des témoignages. Il effectue aussi de nombreuses autres recherches dans diverses archives, en particulier de l'ONU, et interviewe plusieurs personnalités israéliennes (parfois indirectement, il a aussi recruté des chercheurs sur place, lui-même ne parlant pas hébreux). Il vaut la peine de citer tous ces efforts, car c'est un élément marquant de cette BD: il y a un vrai travail de recherche, bien plus poussé que celui effectué par la plupart des torchons qui se vendent comme des journaux de nos jours. Surtout que l'on ne s'attend pas à cela dans le monde de la BD.

Or donc, un jour de novembre 56, l'armée israélienne débarque à Khan Younis et à Rafah. Elle demande à tous les hommes de se réunir à un endroit précis pour un contrôle, elle est à la recherche de soldats égyptiens et de fedayins. Ca vire rapidement au massacre et aux exécutions sommaires, une version des faits que les Israéliens contestent, bien sûr. Je vous la fais courte, c'est assez douloureux comme ça.

Malgré tous les efforts de recherche, il reste quand même pas mal de flou, surtout que les différents protagonistes ont des versions divergentes et que les témoins oculaires de l'époque se font vieux. L'histoire se mélange constamment avec le présent, car il n'est pas rose non plus, et les privations actuelles comptent plus pour les Palestiniens que des événements anciens, même s'ils pèsent de leur souvenir.

Gaza 1956 est une excellente bande dessinée, un exercice documentaire de grande tenue. Par contre, c'est déprimant au possible. Les événements sont tragiques, et, comme à chaque fois que l'on se penche sur la situation entre Israël et la Palestine, on ne voit pas comment ils pourront se sortir un jour de ce bourbier.