Chroniques de Jérusalem

Posté le 25.09.2013

C'est par les Chroniques de Jérusalem que j'avais entendu parler de Guy Delisle. C'est finalement le dernier de ses carnets de voyage que j'aurais lu, après Shenzhen, Pyonyang et Chroniques birmanes. Au moins les aurai-je lus dans l'ordre chronologique.

Chroniques de Jérusalem promettait d'être le point d'orgue de la série. Promesse tenue. C'est le tome le plus fouillé, le plus volumineux des quatre. Et ça tombe bien, car il y en a des choses à voir à Jérusalem (et environs). Comme pour la Birmanie, Delisle suit sa femme en mission pour MSF. Quand il ne fait pas homme au foyer, il tente (vaguement) de bosser sur divers projets, mais surtout profite d'être dans cette région. Il multiplie les balades et excursions, plus ou moins aventureuses. Il est aussi invité un certain nombre de fois pour donner des séminaires ou animer des ateliers. Cela l'amène parfois dans les territoires occupés.

On alterne ainsi les petits détails quotidiens, les virées touristiques et les aspects plus documentaires, notamment sur les actions israéliennes dans la Bande de Gaza. La famille Delisle était quand même en Israël à l'époque de l'opération Plomb Durci. C'est cette variété qui fait la dimension unique de cette bande dessinée. On ne peut éviter la comparaison avec Gaza 1956 (Delisle soupçonne d'ailleurs d'avoir été parfois confondu avec Joe Sacco), mais l'approche n'est pas du tout la même. Sacco est plus documentaire, Delisle plus dans le vécu.

J'aime les deux, mais Chroniques de Jérusalem a un charme indéniable, on s'attache à la vie de la petite famille et aux péripéties du dessinateur en exil. Il y a des moments pas drôles du tout, mais, dans l'ensemble, c'est moins déprimant et, pour le coup, plus immersif. Et puis, de toute façon, Delisle ne cherche pas à faire du journalisme. Il livre ses impressions, son vécu. C'est forcément biaisé, mais pas au point que j'aie pu trouver ça choquant. Au gré de ses explorations, on découvre nombre de lieux ou de coutumes insolites, et c'est un vrai plaisir.

Si vous ne connaissez pas encore Delisle, cessez de procrastiner et lancez-vous! Mais, tant qu'à faire, je vous conseille de suivre l'ordre chronologique. Ou, en tout cas, de vous garder Chroniques de Jérusalem pour le fin.