Blast, série complète

Posté le 08.09.2015

Il y a quelques années, je vous avais parlé avec enthousiasme du premier tome de Blast, bande dessinée de Manu Larcenet. J’ai tardivement rattrapé la sortie du quatrième et dernier volume. Une occasion de relire la série en entier et de commenter ici l’oeuvre complète.

Blast, c’est donc l’histoire (criminelle) d’un certain Polza Mancini. Polza est obèse et alcoolique. Il a connu une enfance assez difficile. Jeune adulte, il a eu un accident en conduisant en état d’ébriété, dans lequel son frère est mort. Polza est un mec avec un sacré passif. A la mort de son père, il choisit de disparaître. Abandonnant sa femme, il se fait vagabond.

Les errances de Polza sont une alternance de joies simples et d’horreur profonde. Cultivé, poète, il apprécie la nature. La liberté de sa disparition lui permet d’aller à son gré, de prendre tout le temps de contempler les merveilles de la nature, qu’il rencontre avec une vraie âme d’artiste. Mais le vagabondage est aussi la rencontre avec des gens peu fréquentables et, plus d’une fois, Polza sera victime de grandes violences.

Et puis, il y a le "blast". C’est ainsi que Polza appelle ce que l’on devine être un trip, engendré par un mélange de drogue, d’alcool et de violence. Violence envers lui-même et envers les autres.

Tout cela, on le découvre par flashbacks. L’histoire commence alors que Polza a été arrêté par la police, après une longue cavale. Avant qu’il ne finisse au tribunal, deux inspecteurs tentent de comprendre ce qu’il se passait dans la tête de ce type et quelle était sa vision des choses.

Blast est une très grande bande dessinée, un chef-d’oeuvre (de plus) de Larcenet. Certes, c’est sombre, voire sordide par moments. C’est aussi très beau. L’amour de Polza pour la nature est bien réelle et il nous la fait partager de fort belle manière. Cette fresque montre bien toute la complexité de la construction d’un être humain, entre moments de grâce et plongées en enfer. Polza est dangereux, mais on s’y attache (je n’aimerais pas le rencontrer, quand même). Où est la limite entre l’ordinaire et la folie?

Si vous aimez les plongées sombres et vertigineuses dans la psyché, ne vous privez pas. Ou juste si vous êtes fans de Larcenet. Mais soyez prévenus que c’est du registre du Combat ordinaire, pas dans la veine légère du Retour à la terre.