Black Op, de Labiano et Desberg

Posté le 04.05.2010

Black Op est une bande dessinée en 6 tomes, qui raconte comment la CIA s'est compromise avec la mafia russe pour combattre le communisme, dès la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. A cette époque, la mafia russe est à genoux, Staline ayant presque réussi à l'éliminer. Je ne sais pas à quel point cette bande dessinée s'appuie sur des faits historiques, mais, en tout cas, le soutien de la CIA (et de l'Eglise Catholique romaine) à la mafia italienne contre le Parti Communiste Italien est bien documenté. On est donc dans le crédible, à défaut du véridique.

Et donc, c'est loin d'être joli. Les Américains commencent surtout par donner de l'argent à des agents russes pour obtenir des informations ou faire passer quelques transfuges à l'Ouest. Mais les transactions vont grandissant. Les agents de la CIA se retrouvent mêlés à des trafics de drogue ou du recel d'objets d'art. Certains s'en fichent complètement, n'ayant que l'accroissement de leur pouvoir personnel comme objectif. D'autres se sentent plus mal à l'aise, mais leur hantise du communisme (soigneusement atisée par la même CIA) est plus forte.

Un des agents va finir par ne plus pouvoir supporter cette compromission. C'est le héros de l'histoire (évidemment), noble et naïf. L'histoire se déroule au moment où le principal responsable de ce trafic côté CIA décide d'éliminer ses anciens alliés mafieux (maintenant que le communisme est mort) afin de ne pas compromettre son accès aux plus hautes sphères du pouvoir américain.

L'histoire est prenante. Le dessin n'est pas remarquable, mais accompagne bien le scénario. Il y a suffisamment d'intérêt et d'aspects divers pour que je ne ressente pas le même rejet que face aux Maîtres de l'Orge. Il ne s'agit pas ici que d'une histoire de pouvoir, même si c'est la motivation centrale d'une bonne partie des protagonistes. Je regrette juste un peu le côté cliché du héros à qui tout réussi (quoique ce ne soit pas tout à fait vrai non plus). Reste que je n'ai pas pu mettre la main sur le dernier tome pour l'instant, donc je réserve mon jugement quant à la qualité de la conclusion.

Mise à jour (17.08.2010)

J'ai enfin mis la main sur le tome 6. C'est un peu ce que je craignais, la fin n'est ni très prenante, ni très surprenante. Malgré tous les gens qui veulent lui faire la peau, le héros arrive au bout de sa "vengeance". Comble de sucrerie, il arrive même à retourner dans sa retraire et à y retrouver sa bien-aimée. Tout cela est donc bien convenu, mais la série reste une bonne lecture dans son ensemble.