Au temps de Botchan

Posté le 02.12.2011

Au temps de Botchan est un manga en 5 tomes, dessiné par Jiro Taniguchi sur un scénario de Natsuo Sekikawa. L'histoire se déroule sur la fin de la période Meiji (première décennie du XXème siècle). Les personnages principaux sont tous des hommes de lettres de cette période, des gens qui ont vécu cette époque de transformation intense du Japon. Le héros change à chaque tome: Soseki Natsume pour le premier, puis Takuboku Ishikawa, Mori Ogai et Shusui Kotoku, pour revenir à Soseki dans le dernier tome.

Tous sont des personnages passablement torturés: Soseki était un angoissé permanent, affligé d'un ulcère qui finira par le tuer, Takuboku, un poète et bon vivant incapable de gérer son argent et de pourvoir aux besoins de sa famille, Ogai un médecin militaire et écrivain déchiré entre son amour étranger (une Allemande) et sa loyauté envers sa patrie, Kotoku un anarchiste qui finit sur l'échafaud. Tous se croisent, à divers moments. Soseki est l'auteur du roman Botchan, qui donne son titre au manga.

Au temps de Botchan fut une lecture un peu déroutante. Bien que j'aie vécu au Japon, je ne connaissais que des faits très généraux à propos de l'époque Meiji, qui vit, pour mémoire, la fin du shogunat et l'ouverture du Japon à l'étranger. Ce fut donc une période de grand changement, au cours de laquelle beaucoup de Japonais se sentirent perdus. Le gouvernement admirait l'Allemagne de Bismarck et s'engagea dans une guerre contre la Russie, après des siècles d'isolation. Par ailleurs, l'industrie faisait son apparition, modifiant radicalement le style de vie de nombreuses personnes. Le communisme et l'anarchisme suivirent l'industrialisation, amenant des temps troublés que je ne soupçonnais pas.

D'un point de vue historique, ce manga est très intéressant. Toutefois, n'étant pas familier avec la vaste majorité des personnages présentés, je me suis senti étranger à toute l'histoire. Le rythme assez lent ne m'a pas aidé à crocher, surtout sur une longueur totale de 1'500 pages. Je reste donc mitigé: je ne regrette pas d'avoir lu ce manga et le dessin de Taniguchi est, comme toujours, un grand plaisir. Par contre, j'ai trouvé difficile de m'immerger dans l'histoire, qui me semble s'adresser à un public assez ciblé.